• Nescambiouit

    Nescambiouit (1660-1727)

    Abénakis de grande réputation,Nescambiouit

    tant à son époque que par la suite,

    Nescambiouit a fait profiter son peuple de ses grandes qualités de militaire et de négociateur pendant les guerres qui ont opposé Français et Britanniques aux XVIIe et XVIIIe siècles. Sa persévérance et son dévouement envers les siens ont donné à la nation abénakise l’espoir de conserver son autonomie et son intégrité territoriale. Comme guerrier et chef de guerre, il était réputé pour ses actes de bravoure et son efficacité sur le terrain. Ces qualités étaient reconnues non seulement par sa nation, qui en fit son représentant dans les négociations, mais aussi par le roi de France qui chercha à bénéficier de son influence pour maintenir l’alliance avec les Abénakis.

    Au milieu du XVIIIe siècle, le territoire des Abénakis s’étendait dans les limites actuelles des États du Maine, du New-Hampshire et du Vermont, en plus de certaines aires adjacentes du Massachussetts et du Québec. Nescambiouit appartenait au groupe des Pequakwet, qui était établi dans l’est du territoire des Abénakis et dont le principal village était situé à l’emplacement de l’actuel Fryeburg (Maine). Il s’imposa rapidement comme un chef important. À la fin des années 1680, les guerres qu’il mena pour repousser les Britanniques, qui empiétaient sur le territoire des Abénakis, le firent connaître bien au-delà de sa contrée natale. À l’époque, les Abénakis avaient déjà fait alliance avec les Français et certains d’entre eux étaient installés sur les rives du Saint-Laurent.

    Pendant les guerres de la ligue d’Augsbourg (1689-1697) et de la Succession d’Espagne (1701-1714), au cours desquelles la France et la Grande-Bretagne se disputaient la suprématie du continent américain, Français et Abénakis continuèrent à combattre ensemble. C’est au cours de ces guerres que Nescambiouit s’illustra principalement, tant par sa connaissance du terrain et des techniques de guerre autochtones que par sa bravoure, son efficacité et son sens aigu de la tactique et de la stratégie. Les Britanniques le craignaient beaucoup, d’ailleurs, et les Français admiraient grandement ses prouesses militaires. En 1705, le roi de France, Louis XIV, le reçut à sa cour et le combla d’honneurs, espérant ainsi qu’il inciterait les siens à maintenir leur alliance avec les Français. C’est au cours de cette période également que Nescambiouit s’imposa comme défenseur des droits de son peuple, puisqu’il représenta les Abénakis de l’Est lors des pourparlers avec les Britanniques, tant avant qu’après la cession de l’Acadie par la France. Il veilla à ce que les Abénakis puissent conserver leurs terres et continuent à pratiquer leurs activités de subsistance.

    Par la suite, déçu des Français et méfiant vis-à-vis des Britanniques, Nescambiouit misa plutôt sur les avantages d’allier les Abénakis avec d’autres groupes autochtones. En 1716, il alla vivre chez les Renards, un groupe établi à l’ouest du lac Michigan qui

    cherchait à freiner l’expansion de la colonisation française. En 1723, il revint vers l’est, porteur d’une demande d’alliance des Renards pour les Abénakis. Il fut reçu froidement par les autorités françaises qui le soupçonnèrent de trahison.

    Soucieux du bien-être des siens, dont un bon nombre étaient établis dans la colonie française, Nescambiouit ne retourna pas chez les Renards, mais s’installa chez les Abénakis de Saint-François (Odanak). C’est cependant dans son pays d’origine, qu’il mourut, en 1727, après avoir consacré la majeure partie de sa vie à lutter pour préserver le territoire et l’autonomie de son peuple.

     


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