• Traité 1701

    Traité 1701

    Le document original du traité de paix, semble avoir disparu. Celui ci est une copie calligraphiée par le secrétaire du gouverneur de la Nouvelle-France, quelques jours après la ratification. Les pictogrammes des nations signataires ont été fidèlement reproduits.

     

    La Grande Paix oubliée (1701-2001) 
    Par Céline Lison



    Le 4 août 1701, Français et nations indiennes se retrouvent à Montréal pour signer un traité de Paix dans la Belle Province. Trois cent ans plus tard (2001 date de l’article) leurs descendants ne fument toujours pas le calumet de la paix…………

    Août 2001, « Nous pensons en avoir enfin retrouvé la trace », a dit Jean-Guy Brossard, archéologue au musée. La découverte est de taille,  les témoignages écrits datant de l’époque de la signature du traité ne manquent pas. « Parmi les sources se compte l’importance correspondance coloniale entre le gouverneur de la Nouvelle France et Versailles. Elle fait souvent références aux Indiens » précise Gilles Havard, un jeune historien français. Autre témoin majeur de cette période : Bacqueville de la Potherie, un contrôleur de la marine et des fortifications. « L’un des seuls à vivre et à relater précisément l’événement, insiste Gilles Havard. Il éprouvait de la fascination pour les peuples autochtones. »

    Le chroniqueur du XVIIIe siècle relate ainsi les scènes de discours des chefs indiens, qui bien souvent, se révèlent être de grands orateurs. Parmi eux Kandiaronk, le chef principal des Hurons, bénéficie d’une large  aura, tant chez les indiens que chez les Français. Habile stratège, il œuvre, lui aussi depuis des années, à convaincre l’ensemble des indiens de l’intérêt d’une paix générale pour éviter une paix séparée fanco-iroquoise. Et qui sait ? La paix permettra peut être de vendre des fourrures aux Anglais, qui jusque là, ne commercent qu’avec les Iroquois. Mais, à la fin du mois de juillet 1701, l’atmosphère se tend entre les négociateurs des deux bords. Le 1er août 1701, de Callière reçoit à nouveau Kondiaronk et les principaux chefs alliés. Le grand chef huron arrive fiévreux et tremblant. Il meurt le lendemain, pleuré par les siens et par les français. Malgré cette perte douloureuse à cette étape des discussions, l’ensemble des délégués se retrouve le 4 août hors de la ville, sur une grande plaine. La Grande Paix va enfin être signée. Les uns après les autres, les chefs amérindiens prononcent leurs discours, traduits en français par des pères jésuites. Le calumet de la paix peut enfin circuler.
    Trois cent ans plus tard, Georges Sioui, l’un des descendants, devenu historien reconnu, évoque avec émotion le rôle de son ancêtre : « il s’agit d’un grand moment pour mon peuple qui se trouvait ainsi au cœur des événements. Mais nous avons payé un très grand prix pour l’établissement des Français ? Aujourd’hui, je ressens la nécessité qu’il y aurait à créer des lieux ou autochtones et québécois pourraient se rencontrer, apprendre à vivre vraiment ensemble »faire un seul corps » comme disait Kondiaronk… »
    En ce 4 août 2001, le rassemblement des deux « peuples » n’a plus grand-chose à voir avec celui de 1701. Même si au cœur du vieux Montréal une reconstitution permet d’imaginer l’ambiance de l’époque pendant trois jours. Les Québécois redécouvrent ainsi cette partie de leur histoire. Car malgré son importance le traité de 1701 n’apparaît quasiment pas dans les manuels scolaires. Quant aux Amérindiens, ils représentent à peine plus de 1% de la population québécoise, et les rancunes et les incompréhensions perdurent. Les Amérindiens revendiquent soit des territoires, soit une autonomie pour gérer leurs lois et leurs institutions plus librement. (Quoi de plus normal) De leur coté, certains Québécois comprennent mal pourquoi le statut d’indien – déterminé par une loi canadienne révisée en 1985 – procure à ceux qui le détiennent le droit de payer moins de taxes et d’impôts, et de bénéficier d’aides supplémentaires. Président de Terres en vue, une association œuvrant pour la diffusion de la culture Autochtone, André Dudemaine constate cette incompréhension entre les deux communautés : « Il y a  beaucoup d’ignorance et de racisme à l’origine de cette situation. Nous espérons que, grâce à ce genre de manifestations, autochtones et Québécois apprendront enfin à se connaître. Une culture, ça se partage ! »


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