• Tessouat

     Tessouat (Le Borgne de l’Île)

    1600 à 1650,chef de la tribu algonquine de l’île aux Allumettes (Kichesipirini)Tessouat

    Tessouat est un personnage fascinant. Ce chef algonquin des Kitchesipirinis est un des hommes politiques les plus importants, liés à la naissance de la Nouvelle-France.

    C’est à l’île aux Allumettes que se trouvait le principal village du puissant chef Tessouat et de son peuple, les Kichesippirinis, une tribu de la nation algonquine. C’est Tessouat qui affirma à Champlain que Nicolas de Vignau lui avait menti en affirmant avoir atteint l’océan en 1611. C’est aussi lui qui, évoquant des difficultés avec les Nipissirinis, persuada Champlain d’abandonner son voyage de 1613 et de retourner à Québec.

    peuple était surtout concentré à l’Ile du Commerce, là où est aujourd’hui Ottawa, la capitale du Canada. La Grande Rivière c’est la rivière des Outaouais. Il ne faut pas imaginer Tessouat comme un roi, ou un dictateur. C’est d’abord un commerçant qui profite de sa position stratégique pour fournir au Nord le maïs des Wendats, le tabac et herbes des Pétuns ( d’ou pétuner= fumer)« la nation du Pétun » (la nation du tabac) , et à ceux-ci les fourrures, les poissons-fumés et les pierres à tailler dont ils ont besoin.

    Si la ville de Montréal existe, c’est grâce à Tessouat. Les Iri-Akoï ( les vrais serpents= iroquois) voulaient à tout prix empêcher l’établissement d’Européens dans ce territoire où ils avaient plusieurs champs cultivés. Tessouat promit au Français d’assurer la sécurité des blancs en maintenant en permanence 2 fois plus de guerriers qu’ils y avaient d’habitants dans ce poste. En échange, les Français respecteraient son contrôle des marchandises circulant sur la Grande Rivière. Sans cet accord, Montréal aurait été maintes fois brûlé, rasé et ses habitants massacrés.

    En mars 1636, Le Borgne franchit environ 300 lieues dans la neige et sur la glace pour se rendre en pays huron avec quatre membres de sa tribu et un jeune Français, François Marguerie, qui passait l’hiver avec eux. Il y allait en quête d’alliés parmi les Hurons, les Algonquins et les Népissingues en prévision d’une attaque contre les Iroquois qui avaient récemment tué 23 membres de sa tribu.

    Le chef Tessouat, célébrant avec les Montagnais et les Etchemins (Malécites) une victoire récente sur les Iroquois. À l'époque de Champlain, les Algonquins, tout comme d'autres tribus algonquiennes, étaient en guerre depuis longtemps avec les Iroquois des Cinq-Nations, et les historiens estiment que c'est la lutte pour dominer le commerce des fourrures qui aurait été à l'origine de cette guerre. Selon Champlain, on appelait ces peuples Algoumequins; or, il semble que ce soit un mot malécite qui veut dire «ce sont nos parents ou alliés»; était-ce donc vraiment leur nom? Les Algonquins se désignent eux-mêmes sous le nom de Anishinabeg, ce qui signifie «êtres humains». L'expression que nota Champlain pour les désigner devint bientôt «Algonquin» et on les connaît sous ce nom depuis.

    Tessouat avait une particularité embarrassante. On l’appelait : « Le borgne de l’île », aussi en acceptant de devenir Tressouat, on acceptait de perdre un œil. Ce qui est quand même assez délicat, malgré la grande renommée que le titre accorde. Tessouat mourut au printemps de 1636

    Plusieurs légendes affirment que ce sont les loups qui ont appris aux hommes, l’amour, le respect de l’autre, la façon de se comporter en société et surtout la parole. Est-il possible que les loups aient aussi appris aux hommes, que quand la fonction est plus importante que l’individu, elle puisse lui survivre?